Piste 4 💿 L’effet de masse, de Maëlle
Le côté harceleur, le côté victime… et le côté témoin

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE LA PISTE

*ton journalistique* Blancs comme le postérieur de trop de gens représentés dans les fictions et les médias, nutritifs comme du maïs ou n’importe quoi d’autre ayant la propriété de nourrir, opaque comme je ne sais quoi car bien la flemme de chercher l’exemple d’un truc qui serait opaque ; pour en faire, nombre d’agriculteurs et d’agricultrices élèvent des animaux de type Â« vavachounettes ». Oui, mais voilà : sont-ils vraiment nos amis pour la vie ? Sont-ils bons pour notre santé ? Entre leur quantité disproportionnée de lactose et leur caséine aux impacts sur notre organisme pour le moins inquiétants…

*sonnerie de téléphone*

Ah… Allô ?

Monsieur Courcelle : Vous voulez dire… au lait ! *rit exagérément*

*rit encore plus exagérément* Toujours le mot pour rire, cher Monsieur Courcelle !

Monsieur Courcelle : *pouffe de rire*

*rit toujours exagérément*

Monsieur Courcelle : BON ! Qu’est-ce que je voulais dire ? Ah, oui ! J’avais une question à vous poser, euh… rien de bien important, juste une petite formalité… Qu’est-ce que vous racontez ?

Oh, bah écoutez, en ce moment, je me remets un peu au sport, euh… tant que faire se peut, je…

Monsieur Courcelle : Mais non, mais pas « qu’est-ce que vous racontez de beau ? Â», qu’est-ce que vous racontez, là, à l’instant ? Commencez pas à être con !

Je vous demande pardon ?

Monsieur Courcelle : Mais j’en ai rien à foutre que vous me demandiez pardon ! Qu’est-ce que c’est qu’cette intro ?

Ça vous convient pas ?

Monsieur Courcelle : Jacasser des banalités sur le lolo des meumeus au lieu de parler du harcèlement scolaire ? Non, ça me convient pas, non. Vous vous êtes pris pour qui ? Jean-Pierre Pernault ?

Le… harcèlement scolaire, cher Monsieur Courcelle ?

Monsieur Courcelle : Oui, « L’effet de masse Â», c’est une chanson sur le harcèlement scolaire, oui.

Ah mais « L’EFFET de masse Â» ? *siffle* J’avais compris « Les LAITS de vache Â», moi !

Monsieur Courcelle : Mais c’est pas possible d’entendre ça !

Oui bah pardon ! J’ai entendu « la piste 4 de Variétoche portera sur « Les laits de vache Â», c’est quand même pas ma faute !

Monsieur Courcelle : Mais nettoyez vos pavillons, là ! Et quand vous avez vu qu’il y avait pas la MOINDRE chanson qui s’appelait comme ça, ça vous a pas plus inquiété que ça ? Pas de souci, on part sur les laits de vache ?

Mais j’en sais rien moi ! J’ai jamais dit que je tenais un catalogue de toutes les chansons qui existent !

Monsieur Courcelle : Mais que voulez-vous que quelqu’un fasse une chanson qui s’appelle « Les laits de vache Â» ?! Pourquoi « les Â», en plus ? Y’en a pas soixante !

Ah bah je sais bien, cher Monsieur Courcelle, il y’en a pas DU TOUT soixante, parce que figurez-vous que pour cette piste j’ai fait des recherches sur les différents types de laits : on a du demi-écrémé, on a du bio, on a du…

Monsieur Courcelle : ON S’EN BRANLE, ÇA S’APPELLE PAS « FROMETOCHE », VOTRE PODCAST ! Et arrêtez de m’appeler « Cher Monsieur Courcelle Â», abruti !

*Monsieur Courcelle raccroche*

*bip de fin de conversation*


Heum…

Sans transition… harcèlement scolaire ! Comment le prévenir ?

Générique (intro)

Quelle aubaine. Quelle aubaine pour la podcastosphère de faire une place dans sa masse de contenus pour y laisser entrer une piste de Variétoche si importante que cette quatrième, que j’ai failli titrer Un bain de miel pour les oreilles. Et en parlant de Mas, on finit par se demander : « qu’est-ce qu’elle a fait d’autre que En rouge et noir, celle-là ? Oui, non, en parlant de masse, c’est justement comme vous avez pu le voir un élément du titre de la chanson dont nous allons raconter l’histoire et le sens aujourd’hui : L’effet de masse, de Maëlle. Alors voici comment va se dérouler cette piste. Comme vous l’avez compris par le biais de cette introduction téléphonique grotesque et imprévue, cette chanson aborde le thème capital du harcèlement scolaire. Et, pour m’accompagner dans cette piste, j’ai invité un psychopédagogue, deux auteurs de livres sur les violences scolaires et le cyberharcèlement, ainsi qu’une ancienne victime, qui m’ont fait le plaisir de me répondre par mail cette réponse commune : « Monsieur Seb Little, ahahahahah ptdr allez bon courage, trésor. Très sincèrement votre. Â».

C’est pourquoi j’animerai cette piste seul, comme d’habitude, en essayant de vulgariser ce que ces personnes auraient eu à dire sur le harcèlement scolaire si elles avaient été là. Oui, c’est une piste un peu spéciale, car après chaque extrait de la chanson de Maëlle que vous entendrez, j’expliquerai non seulement le sens des paroles, mais encore j’alternerai avec des commentaires plus généraux sur un aspect du harcèlement scolaire en lien avec l’extrait. Je préfère donc vous prévenir dès maintenant, et notamment les personnes dont ces sujets peuvent heurter la sensibilité, que nous allons aborder dans cette piste le harcèlement, la violence, et les conséquences graves, voire irréparables, qui en émanent. Et là, vous vous dites « oulaaah ! Mais ça va être long et chiant, non ? Surtout que là, tu fais des phrases, mais en attendant t’as toujours pas commencé ! ». En même temps, qu’est-ce que vous vouliez que je fasse ? J’allais pas commencer la piste en faisant :

*musique éléctro et voix autotunée*

🎶 Le harcèlement à l’école,
Oh oui, moi j’en rigole
On en fait toute une histoire
Mais c’est pas la mer à boire

Dans Variétoche,
On pète un coup, on oublie
On oublie tous les trucs moches
On fait les fifous, oh oui
Allez…
Dans Variétoche,
On pète un coup, on oublie
On oublie tous les trucs moches
On fait les fifous, oh oui
🎶

On n’est pas dans une émission de Cyril Hanouna, ici ! BON, du coup, est-ce que ce programme vous va ?



Me répondez pas…

Oui, allez, encore l’excuse du « On n’est pas dans un live, on est dans un podcast, donc on peut pas te répondre car par définition il est pré-enregistré nieunieunieunieu Â», je la connais cette excuse pourrie ! Toujours la même ! Seulement, ça tient plus ! C’est pas une raison pour ne pas me répondre ! Allez, vous m’avez soulé, c’est tipar !

Il était dans ma classe, il vivait dans ta rue
C’était celui d’en face, oui, tu l’as déjà vu
Il partageait ton car dans les matins méchants
Tu riais de lui car il était différent

Maëlle, L’effet de masse

L’effet de masse commence sur ces paroles, poignantes, interprétées sur des notes de piano. C’est la gagnante de la 7ème saison de The Voice en 2018 *voix de Nikos Aliagas* Une voix incroyable de The Voice, qui a su émouvoir sa coach Zazie… ouais ouais c’est bon Nikos on n’a pas le temps pour faire trente-six imitations là, on enchaîne. C’est donc Maëlle, 19 ans, qui chante. Dès la première  phrase, « Il était dans ma classe, il vivait dans ta rue Â», la chanson présente tous les protagonistes : on parle de la victime à la troisième personne, du harceleur à la deuxième – ça se confirme avec la suite : « tu riais de lui Â» ; et la première personne au milieu, dont on imagine que c’est le témoin.

C’est une manière très efficace de rappeler les trois parties dans tout cas de harcèlement : le groupe des harceleurs, celui des témoins, et la victime. La victime qui, je cite, « vivait dans ta rue Â» : en effet, ça peut être n’importe quel·le élève lambda, qui peut faire partie de nos voisins, de notre entourage. Avec la phrase « Tu riais de lui car il était différent Â», la chanson plante le décor : si dès le début de la chanson on parle d’un enfant ou d’un adolescent qui rit de la différence d’un autre, que vont raconter la suite et la fin de l’histoire ? Dès le début, la chanson met l’accent sur le caractère dangereux du rire : on rit de l’autre en étant indifférent aux conséquences, tout simplement parce qu’il (ou elle, évidemment) est différent, en dehors de la norme, ou qu’on le ou la considère, ou son comportement, inférieur·e selon notre système de pensée.  On comprend donc dès les premiers mots que cette chanson va nous mettre face à nos responsabilités.

Parlons-en un peu, du caractère dangereux du rire. Dans sa définition la plus officielle et la plus connue, le harcèlement est défini selon… 3 critères :

  • La stabilité des prix
  • Des finances publiques saines et viables
  • La stabilité du taux de change

Et je m’aperçois qu’on m’a encore foutu une fiche qui n’a aucun putain de rapport avec ce dont je suis en train de parler… qu’est-ce que c’est que ça, encore ?!

Mon assistant (sa voix est très aiguë, rapide, et cartoonesque) : Ah, désolé, ce sont les critères de convergence économique d’adhésion à la zone euro selon le traité de Maatstritch, ça, rien à voir, j’me suis mélangé les torchons !

Dites, entre moi qui confonds les effets de masse et les laits de vache et mon assistant qui me fout sous le pif des cours de Sciences Po que j’ai jamais demandé, vous croyez pas qu’on devrait revoir un peu nos process ?

Mon assistant : Ah bah ça oui pourquoi je nan mais bah oui c’est euh c’est clair mais euh

Qu’est-ce que cette voix ?! On comprend rien à ce que vous jargouinez, là ! Est-ce qu’un jour on va respecter nos auditeurs et nos auditrices dans cette émission ?!

Mon assistant : C’est pas une émission, c’est un podcast, grande buse ! Et c’est ma voix, c’est ma voix, je vais pas me faire faire une opération des cordes vocales pour te faire plaisir, donc tes questions tu te les mets dans le trou du fion, t’es gentil.

C’est pas commun d’avoir une voix de hamster, pour un GROS FAISAN !

Mon assistant : Buse, hamster, faisan… C’est une fable de La Fontaine ici, ou quoi ? Ahahahahah !

Ahahahahah ! Allez, tirez-vous !

DONC, dans sa définition la plus officielle nianianiania, le harcèlement est défini selon… 3 critères :

  • 1er critère : Les actions doivent être répétées, sinon c’est pas du harcèlement. Bon ça, à la limite… d’accord…
  • 2ème critère : Il faut qu’il y ait un rapport de force, de domination, donc pas d’égalités des forces. Ça, on y reviendra.
  • 3ème critère : Les actions doivent être volontairement faites pour nuire à la personne.

Et c’est sur ce 3ème critère que cette définition me dérange. Car même si elles sont involontaires, à partir du moment où ces actions nuisent à la personne, elles devraient être considérées comme du harcèlement dès lors que la victime estime l’être, c’est-à-dire si elle se sent blessée, à plusieurs reprises, verbalement ou physiquement. Dans le cas d’une « blague Â», entre guillemets, ce n’est pas à la personne émettrice de définir si ça rentre dans le cadre de l’humour ou non, si c’est drôle ou pas, c’est à la personne réceptrice de le faire. L’écoute des émotions, du ressenti, est plus forte et plus importante que l’intention.

Mais le harcèlement prend bien évidemment d’autres formes que celles de moqueries : des regards déplaisants, des brimades, des menaces, des violences verbales, physiques, sexuelles. Parmi les enfants et adolescents et adolescentes scolarisé·es dans le primaire, au collège et au lycée en France, c’est un enfant sur dix, soit environ 700 000, qui ont été victimes de harcèlement. Le 8 novembre 2019, UNICEF France publie les résultats de la 4ème Consultation nationale des 6-18 ans (j’ai mis le lien vers ces résultats dans la description, car j’ADORE mettre des trucs dans la description ! Tenez bah d’ailleurs, je vais mettre un lien vers l’article sur les critères de Maatstritch : quitte à investir du temps de recherche pour des conneries sans intérêt, autant les partager ! Hein, mon con ? Ouais, c’est à toi que je parle, ouais ! C’est ça ! Fais comme si t’avais pas pigé à qui je parlais !) J’en étais où ? Euh… sur 26 458 enfants et adolescents et adolescentes de 6 à 18 ans interrogé·es en France métropolitaine et en Guyane, l’enquête montre que 30% d’entre eux déclarent avoir été victimes de moqueries et d’attaques blessantes à l’école, chiffre qui monte à 50% chez les 7-8 ans. Des chiffres très alarmants.

Par exemple, je me souviens, au collège, après un cours d’EPS, j’avais retrouvé mon jean complètement troué de partout dans les vestiaires. Je n’ai jamais su qui avait fait ça. D’ailleurs, si le mec qui a fait ça m’écoute aujourd’hui, je tiens à lui dire euh… merci, parce que sans le savoir, grâce à lui je me suis trouvé une véritable passion pour les jeans troués ! Aujourd’hui j’en porte régulièrement pour avoir un style sans cesse réinventé et au-dessus des modes… nan je déconne, pas du tout. En plus ça c’était une seule fois, c’était pas répété, donc selon la définition, c’est ABSOLUMENT PAS du harcèlement ! Ce serait plus une violence qui ne rentre pas dans le cadre du harcèlement. 😅 Voilà, donc si vous voulez d’autres exemples de ce qui n’est PAS du harcèlement, je peux continuer à témoigner… Euh… j’adore comment cette piste part encore en cacahuètes, ENCORE une fois, euh, on parle plus du tout de la chanson, là, en fait !

Allez, restons focus trois secondes… Il y a un clip qui accompagne la chanson, réalisé par Daniel Breteton qui a déjà travaillé sur les clips du groupe de musique Metronomy par exemple, et euh… d’habitude dans les pistes précédentes je raconte d’abord la chanson et à la fin je parle du clip, là je vais vous parler du clip en parallèle, parce qu’il raconte les paroles de la chanson. Ça change, parce que d’habitude les clips c’est le dérèglement des sens, on comprend rien, on voit des gens qui remuent les épaules en tenue de ski sur des plages dans des chansons qui parlent de l’injonction à être heureux, non là au moins c’est très concret : ça prend lieu dans une salle de classe vide, on voit Maëlle seule, qui dort sur son bureau, puis elle se réveille, puis la salle de classe se remplit, et puis on découvre euh… un garçon, un adolescent qu’on identifie tout de suite comme étant la victime, parce que les autres ados lui volent son portable, lui jettent des boulettes de papier, se moquent de lui, le harcèlent.

Aujourd’hui, c’est toujours la même histoire
Dans la vie ou dans les bruits de couloir
Dans les beaux bureaux en glace comme dans les couloirs d’école
C’est toujours l’effet de masse qui nous classe et nous isole

Maëlle, L’effet de masse

*voix de présentation radio* « C’est toujours l’effet de masse qui nous classe et nous isole », Maëlle sur Chérie FM. Non je déconne, nan mais j’ai toujours rêvé de faire ça : de répéter la dernière phrase qu’on vient d’entendre, comme ils font à la radio. Beaucoup de choses à dire sur cet extrait, tellement que je ne vais rien en dire et passer à l’extrait suivant. Parfois, les extraits ça ne s’analyse pas, ça se commente pas, ça s’écoute, ça s’interprète, ça se vit. C’est ça, l’art. Merci d’avoir écouté cette piste de Variétoche, n’hésitez pas à propulser ce podcast vers les…

ÉVIDEMMENT que je vais le commenter ! Alors c’est parti.  L’effet de masse, c’est une expression qui vient du domaine de l’environnement, de l’écologie : c’est lorsque dans un milieu donné il y a une surpopulation qui provoque une compétition exacerbée, et des rapports de domination aux conséquences néfastes sur les individus, tel que l’augmentation du taux de mortalité. Chez nos amis les insectes par exemple, l’effet de masse a pour conséquence l’allongement du stade larvaire chez les insectes dominés, bon ok on s’en boxe un peu les burnes dans le contexte… mais appliqué aux enfants et aux ados humains dans le milieu scolaire, qu’est-ce que ça donne, l’effet de masse ?

Eh bien c’est exactement la même chose. Tout d’abord, on a les mêmes fameux rapports de domination, 2ème critère de la définition du harcèlement que l’on évoquait tout à l’heure. Typiquement, un groupe d’adolescents qui harcèle un ou une adolescent·e. On parlait de 700 000 enfants et ados victimes de harcèlement tout à l’heure, ce qui est effarant…

*Ok Google qui se déclenche* Voici les principaux résultats…

Et là… et là on vit un moment d’anthologie, c’est-à-dire que mon portable… Ok Google vient de se déclencher sur mon portable, je suis obligé de garder ce moment d’improvisation, c’est peut-être à peu près le seul moment d’improvisation qui a dans cet épisode, dans cette piste, donc je garderai ça… Qu’est-ce que je disais ? Typiquement, un groupe d’adolescents qui harcèle un ou une adolescent·e. On parlait de 700 000 enfants et ados victimes de harcèlement tout à l’heure, ce qui est effarant… mais on a jamais les chiffres sur les coupables. Qui sont les harceleurs ? *voix de Denis Brogniart* AH ! Ça veut dire qu’il y a 700 000 harceleurs ? Évidemment, non, c’est pas aussi simple, Denis Brogniart. Le harcèlement scolaire, c’est avant tout un phénomène de groupe, celui qu’on appelle le groupe harceleur, composé dans un schéma classique d’un leader et de ses suiveurs. Ces harceleurs prennent plaisir à prendre le pouvoir, ils le veulent ce rapport de force, et surtout le créent. Ce n’est jamais la victime qui crée le harceleur, c’est l’inverse. La question qu’il est intéressante de se poser, c’est : pourquoi ils existent ? D’où sort cette volonté de pouvoir ? Pour en parler, à mon micro… PERSONNE, oui, voilà c’est ça, puisque je me suis fait complètement envoyer paître par toutes les figures expertes et concernées comme je le disais en ce début de piste.

Un élément de réponse qui me vient est peut-être cet extrait d’interview de Maëlle donné à Pure Charts le 23 novembre 2019  :

On s’est tous déjà moqué de quelqu’un. C’est déjà arrivé, on peut pas mentir, on peut pas dire « moi c’est jamais arrivé », on n’est pas blancs comme neige.

Maëlle

Effectivement, dans la continuité de ce qu’elle dit, il n’est pas rare qu’un harceleur ait aussi subi des violences (pas forcément scolaires d’ailleurs, cela peut-être d’autres formes de violences) qu’il va répèter sur autrui pour gérer ses traumatismes personnels, ou se venger (ce qui ne rend pas l’acte excusable pour autant, oui coucou Severus Rogue c’est de toi qu’on parle), ou bien se faire accepter du groupe de harceleur dont il était autrefois la victime, etc.. Mais ce n’est pas forcément le cas. Parfois, il peut n’avoir subi aucune violence particulière.  Et, tout harcèlement est intolérable, mais il y a des degrés différents et des proportions différentes, et certains, même s’ils ont été victimes à un moment donné, vont être plus harceleurs que harcelés pendant leur scolarité, voire… pendant leur vie. D’ailleurs, pour revenir à mon histoire personnelle, j’ai parlé d’une situation dont j’ai été la victime, qui en plus n’était pas du harcèlement, mais j’en raconterai tout à l’heure une autre qui en était ; mais il est évident qu’en faisant un petit effort pour me remémorer mes années collèges, je pourrai citer des exemples de situations dans lesquelles je me suis moqué, ou j’ai pu blesser des camarades à plusieurs reprises, pendant la période où j’étais pré-adolescent, adolescent… Il ne faut pas le nier, et c’est d’autant plus vrai envers des potes desquels je me sentais proche, où sous couvert d’humour, on se permet n’importe quoi. Ce qu’il faut faire avec du recul, c’est s’excuser, et d’ailleurs je présente mes excuses à tous les camarades que j’ai pu blesser à l’école, si tant est qu’ils m’écoutent. En revanche, je ne présente PAS mes excuses à mon assistant et ses critères de convergence de mes DEUX, PARCE QUE LUI IL M’A VRAIMENT GAVÉ !

Je l’ai jamais vécu, mais j’avais besoin de… de de de… de le chanter parce que moi je suis plus douée pour essayer de chanter que de parler parce que j’arrive jamais trop à dire ce que je pense, je passe toujours par quatre chemins, c’est… je bégaye comme j’sais pas quoi, mais… justement, j’avais envie d’apporter aussi euh… dans ce côté euh…, pas une chanson moraliste, pas de dire « ne faites pas ça, c’est pas bien ! ».

Maëlle

Ne faites pas ça. C’est pas bien.

Donc du coup j’ai voulu faire une chanson qui fait pas une morale, j’suis pas là pour faire la morale aux gens, euh…

Maëlle

Ah non non, moi non plus, je suis pas là pour ça… loin de moi l’idée de faire la morale à qui que ce soit ! Je dis juste que, que ce soit dans le milieu scolaire ou non d’ailleurs, à ceux qui continuent encore aujourd’hui d’en avoir rien à foutre quand quelqu’un leur dit qu’il ou elle a été gêné·e, blessé·e, humilié·e, et qui continuent à dire « oh ça va, euh… c’est pour rire ! T’as pas d’humour ! Â», que si vous nous écoutez, il est important que vous sachiez vous êtes un concentré de monumentales merdes et vous devriez arrêter définitivement de faire ça, voilà, c’est tout ! Il ferait beau voir que je sois moralisateur, non non… c’que je veux simplement expliquer, sans être le MOINS du monde donneur de leçons, c’est que euh… ceux qui sont complètement indifférents aux ressentis des autres ou qui les minimisent, et qui vont même jusqu’à prononcer cette phrase dont j’ai horreur « lol t’es une victime, la honte ! », c’est-à-dire que non seulement vous êtes persuadés d’être des gens rigolos, mais qu’en plus le fait d’en rajouter une couche en vous foutant de la gueule des personnes qui ont le courage de se positionner en tant que victime fait de vous de bons gros lâches, et que vous devriez radicalement remettre en question votre comportement parce que vous pensez être drôles mais vous faites du mal autour de vous, c’est tout, voilà, c’est pas… Mais bon, comme le disait Gandhi :

On ne reste pas un con toute sa vie, je sais pas, on peut changer ! ‘Fin tranquille, voilà, quoi, faut changer les mentalités et tout et tout, après j’dis ça c’est comme comme tout, hein, bon !

Gandhi

Alors vous allez me dire que pour quelqu’un qui veut moins de moqueries, point de vue insultes j’ai l’air de craindre personne avec mes fions à tout va, eh ben euh… je… oui ! Alors, ouais ! Bah euh… tout à fait ! Eh ben, je dirais que, euh… Non non, mais c’est… c’est simple… Je… AH ! Ah ! Bah, hey ! Désolé, on me signale dans l’oreillette… bah alors là ça m’arrange vraiment pas du tout ! On me demande d’envoyer l’extrait suivant de la chanson ! Désolé !

Il était dans ma classe, il vivait dans ta rue
C’était celui qui passe mais son nom je sais plus
Qu’est-ce qu’on peut être idiot quand on est plus nombreux
Je l’avoue le cÅ“ur gros, oui j’ai ri avec euxMaëlle, L’effet de masse


La chanson dénonce l’indifférence aux réactions, à l’état de la victime, et aux conséquences sur elle. Il ne rit pas ? Oh, il a pas d’humour. Elle pleure ? Oh, c’est du cinéma. Ce qui est extrêmement intéressant, c’est qu’au début de la chanson, on imagine que l’interprète, Maëlle, se positionne comme on l’a vu en tant que témoin à travers la première personne du singulier et en se différenciant du harceleur, puis dans le refrain, on découvre qu’elle s’inclue dans les victimes en disant «C’est toujours l’effet de masse qui NOUS classe et NOUS isole Â», et là, dans ce deuxième couplet, elle avoue avec honte, tristesse, culpabilité, avoir déjà fait partie du groupe de harceleurs, en chantant « Qu’est-ce qu’on peut être idiot quand on est plus nombreux, je l’avoue le cÅ“ur gros, oui j’ai ri avec eux Â». C’est également une manière de rappeler qu’on peut (et je le répète, ce n’est pas forcément le cas, on peut aussi être uniquement l’un des deux) être harceleur et harcelé, mais plutôt que de m’appesantir sur des évidences, je vais laisser Maëlle en parler elle-même à travers une interview. Alors par contre, ne me demandez pas pourquoi, mais c’est Jean-Jacques Bourdin qui fait l’interview.

*générique de Bourdin Direct*

*voix de Jean-Jacques Bourdin (indiqué par la suite par JJB)* : Maëlle Pistoia, Maëlle Pistoia… Bonjour, est-ce que vous avez été aussi victime de harcèlement scolaire ?

J’ai eu la chance de pas être harcelée donc c’est pas mon histoire à moi…

Maëlle

JJB : Donc vous n’avez pas été victime du harcèlement scolaire ?

Je l’ai pas vécu, je l’ai… je l’ai pas non plus vu (JJB : Oui !), mais en fait il y a tellement eu de… d’articles (JJB : Oui !), de témoignages à la télévision, euh… sur les réseaux sociaux (JJB : Hmm…), que forcément j’en ai entendu parlé, et forcément (JJB : Oui !) c’est… ça m’a touché (JJB : Hmm…).

Maëlle

JJB : Donc vous confirmez que vous n’avez pas été victime de harcèlement scolaire ?

J’ai pas été victime de harcèlement scolaire, mais je voulais en parler parce que je sais que c’est pas facile euh…

Maëlle

JJB : Mais oui ! Qu’est-ce que vous aimez particulièrement, alors, dans cette chanson, Maëlle Pistoia ?

C’que j’aime bien dans cette chanson, c’est qu’il y a deux côtés : il y a le côté de l’harceleur, et y’a le côté de la victime…

Maëlle

JJB : Le harceleur et la victime ?

Je voulais montrer qu’il y avait deux côtés : le côté harceleur et le côté victime.

Maëlle

JJB : Oui, d’accord, ça vous l’avez déjà dit ! Mais vous pouvez développer ! QUI sont les harceleurs ? QUI sont les victimes ? Je vous pose la question !

Mais justement, c’est une chanson que.. que je trouve vraiment vraiment très jolie parce qu’en fait elle porte sur deux côtés : le côté de la victime et le côté de l’harceleur.

Maëlle

JJB : Hmm. Rappelez-moi quels sont les deux côtés que vous vouliez montrer dans votre chanson ?

Les deux côtés, avec la victime et l’harceleur.

Maëlle

JJB : Merci, Maëlle Pistoia.

Mais… mais du coup j’avais… j’avais envie d’en parler parce que je trouve ça important.

Maëlle

JJB : Hmm. Voilà. Il est 8:53, vous êtes sur RMC, et BMFTV.

Dans le clip, après avoir présenté la victime et la classe, c’est la classe (héhéhé c’est un jeu de mot, partage le podcast si t’as kiffé !) et… (heum…) la sobriété qui sont à l’honneur :

Bah en fait, je voulais pas que ça soit directement de la violence, qu’on voit quelqu’un se faire taper ou quelqu’un se faire embêter. Moi, je voulais mettre un peu de la danse, je voulais montrer euh… la violence dansée, c’était autre. Mais ça montrait tout autant l’importance des gestes et l’importance de ce thème-là. J’étais très contente, voilà on a tourné dans un super beau lycée euh… avec des supers danseurs, qui étaient incroyables, et ça c’est très très bien passé et j’étais très contente du résultat.

Maëlle

La violence est remplacée par la danse qui en devient la métaphore, sublimant l’interprétation de la chanson. La danse est la métaphore du harcèlement, et les scènes d’intimidations et d’humiliations sont matérialisées par des chorégraphies travaillées, comme pour mettre une touche de poésie au milieu de toute cette brutalité. On voit les élèves de la classe danser autour du garçon, des interprétations scéniques qui donnent vie à des scènes très fortes.  

Il était à l’écart et on était plusieurs
Il faut un faire-valoir pour se sentir meilleur

Maëlle, L’effet de masse

Le rapport de force et le sentiment de domination sont clairement explicités dans cet extrait du troisième couplet qui nous met face à une vérité glaçante : le faire-valoir est un souffre-douleur. Oui, j’adore remplacer un mot composé par un autre, c’est ma passion. D’ailleurs, mon sèche-linge sera désormais un fourre-tout.

Mais alors, si un harceleur n’a pas forcément subi de violences qu’il répète son tour, d’où peut lui venir cette volonté de pouvoir ? Pour en parler avec nous… eh ben toujours absolument personne, les invités allaient pas subitement apparaître au milieu du podcast, voilà, merci ! Alors d’où peut venir cette volonté de pouvoir ? De l’éducation, et d’un système de pensée basé, on le disait, sur la domination, complètement corrélé à celui de la société, qui fait en sorte que l’on va intégrer que certains groupes de personnes sont inférieurs à d’autres selon des critères discriminants : c’est ainsi que des insultes vont être à caractère racistes, psychophobes, homophobes, grossophobes, sexistes, transphobes, validistes, et j’en passe. Et pas seulement dans le milieu scolaire ! Écoutons le deuxième refrain.

Dans les beaux bureaux en glace comme dans les couloirs d’école
C’est toujours l’effet de masse qui nous casse et qui nous cogne
Sur les écrans, sous des masques, dans des regards qui rigolent
C’est toujours l’effet de masse qui nous casse et nous isole

Maëlle, L’effet de masse

Tout comme dans le premier refrain, Maëlle évoque les « bureaux en glace Â» pour parler du harcèlement au travail, car le harcèlement prend éventuellement d’autres formes dans la vie d’adulte, dans la vie professionnelle, mais les moqueries, les agressions, les actes humiliants sont tout aussi présents.  C’est bien évidemment aussi le cas dans la rue, et dans les lieux publics, et les inégalités de genre sont aussi présentes puisque dans le cas du harcèlement de rue et du harcèlement sexuel, ce sont les hommes qui sont très majoritairement harceleurs et les femmes très majoritairement victimes. Pour revenir à l’enquête de l’UNICEF, donc cette enquête sur les 6-18 ans, je le rappelle, donc on ne parle bien que des enfants et des adolescents et des adolescentes, que ce soit sur internet, dans les transports en communs ou dans l’espace public, l’enquête montre que les filles sont deux fois plus harcelées que les garçons, et qu’une fille sur dix déclare avoir subi une forme d’insulte ou de harcèlement dans l’espace public.

Et quand Maëlle chante « Sur les écrans, sous des masques Â», c’est pour parler des réseaux sociaux et du cyberharcèlement, qui ajoutent en plus l’anonymat. Ce qui change aujourd’hui dans les violences scolaires par rapport à il y a une vingtaine d’années, c’est que les violences et les moqueries exercées sur place, pendant les cours, pendant la récréation, les pauses, se poursuivent à la maison, avec l’utilisation des… réseaux sociaux. AHAH, LES FAMEUX RÉSEAUX SOCIAUX, J’EN ÉTAIS SÛR ! On n’est plus « protégé Â» entre guillemets, à la maison, et au-delà des violences verbales, cela peut se manifester par exemple par ce qu’on appelle le « revenge porn Â», qui consiste à diffuser des photos intimes pour se venger, par la diffusion de photos truquées, par exemple avec l’ajout de filtres, ou encore de photos volées, pour humilier la victime. Et, on comme on parle de harcèlement, on en revient au 1er critère, est-ce que vous avez bien écouté la leçon du jour ? Quel était le 1er critère dans la définition du harcèlement ? J’attends… Vous vous êtes cassé·es, c’est ça, hein ? Vous le dites, si ça vous emmerde, ce que je dis, hein. Sinon je me contente de dire que c’est une jolie chanson avec un joli message, sans rien dire de plus, comme tous les médias, et puis rideau, quoi, hein ! Bon, donc il faut que ça ait un caractère répétitif, exactement comme dans l’interview de Jean-Jacques Bourdin. Il faut que ça ait un caractère répétitif, exactement comme dans l’interview de Jean-Jacques Bourdin. Il faut que ça ait un caractère répétitif, exactement comme dans l’interview de Jean-Jacques Bourdin. Il faut que ait… Nan, c’est chiant ! C’est, c’est… c’est chiant. Cette… cette blague est chiante.

Et dans le cas du cyberharcèlement, le caractère répétitif, comme dans l’interview de Jean-Jacques Bourdin, vient avec l’audience (donc les likes, les partages, les retweets, les commentaires), ce qui entraîne des vagues de harcèlement (on est en plein dans l’effet de masse, pour le coup), et avec ce qu’on appelle la pérennité des traces numériques, très concrètement si quelqu’un a fait une capture d’écran de la photo, elle pourra malheureusement toujours resurgir. 9,5% des enfants et des adolescents et adolescentes interrogé·es ans le rapport de l’UNICEF déclarent avoir été agressé·es ou harcelé·es sur les réseaux sociaux, avec un maximum à 24% chez les adolescents et adolescentes de 18 ans. Donc même si les réseaux sociaux essayent de mettre des choses en place pour limiter le cyberharcèlement, il faut être très vigilant, et évidemment pour les mineurs, il faut être d’autant plus vigilant et c’est à la responsabilité des parents de surveiller leur utilisation des réseaux sociaux…

Mon assistant : Ok, boomer.

Pardon ?

Mon assistant : OK BOOMER !

Est-ce que vous avez préparé la fiche des cinq techniques pour se défendre contre un harceleur que je vous avais demandé, vous ?

Mon assistant : La voilà !

Eh ben bouffe-là, ta fiche ! J’en ai pas besoin, elles sont très simples, ces cinq techniques, je les connais par cÅ“ur. Parce que c’est bien beau de se tortiller du cul dans les clips, mais c’est pas en faisant du break dance autour d’un bureau que ça va nous donner des bases de self-défense ! Alors ouvrez bien vos écoutilles ! Non parce que dans le clip du coup à la fin le garçon que la classe harcèle, il essaye de faire de la musculation, mais il a pas le moral, le meneur du groupe l’agresse, et pour montrer cette agression on assiste à une sorte de combat chorégraphié, avec des jolis mouvements… C’est sûr que ce serait plus facile dans la vie si tout se résolvait comme dans un numéro de Danse avec les Stars.

Donc, les cinq techniques pour se défendre contre un harceleur.

Mon assistant : Technique n°1 !

Nan nan nan nan nan, ohlà, on fait pas ça, c’est naze. Et puis euh… cassez-vous, à la limite !

Mon assistant : Encore ?

Oui, encore !

Une première solution pour vous défendre face aux injures répétées de votre harceleur est de lui renvoyer habilement la balle, de le pousser dans ses retranchements grâce à toute une sélection d’arguments incontestables tels que « C’est celui qui dit qui est ! Â», « Miroir miroir Â», un grand classique, le fameux Â« Je te renvoie le compliment ! » ou encore « Toi-même ! Â», une valeur sûre, elle aussi… Mais attention, celui-là vraiment en dernier recours, c’est peut-être le joker pour vraiment l’achever : « Non mais tu t’es vu ? Â». Alors là, il sera bien dans l’embarras ! Aaaaattention toutefois avec cette astuce que je vous file, il se peut que, dans un excès de confiance, c’est pas la première fois que ça arrive, vous vous emballiez et vous finissiez par lâcher un « Tu veux ma photo ? La voici, la voilà, en noir et blanc, en couleur et puis casse-toi ! Â». Je mets un groooos avertissement là-dessus parce que d’une part, on sort complètement du scope de la limite des stocks disponibles de cette technique, et d’autre part je rappelle qu’il s’agit de se défendre contre quelqu’un, pas de paniquer en faisant n’importe quoi.

La deuxième technique, aussi appelée « technique de la répartie nulle Â», réside dans une déstabilisation de l’adversaire par le biais, comme son nom l’indique, d’une répartie affligeante. Mettons que votre harceleur se moque plusieurs fois de vos faiblesses, par exemple mettons que vous n’êtes pas très bon en sport et qu’il prend un malin plaisir à faire en sorte que toute la classe vous regarde et se moque de vous pendant que vous faites votre saut en longueur, bon. Eh ben cette fois-ci, vous prenez votre courage à deux mains, et au lieu de faire votre saut en longueur, vous vous avancez vers lui et vous lui dites « Eh ben euh… peut-être qu’au lieu de clasher les gens, bah tu pourrais être euh… sympa ! Â». Cette technique est une valeur sûre car à ce moment-là, déstabilisée par la nullité de votre réplique, ce ne sera pas une hilarité générale qui se déclenchera mais un choc général, tétanisant sur place toute la fine équipe devant votre répartie aussi criante de vérité que lamentable. Vous pourrez ensuite reprendre votre saut en longueur tranquillement (ou peut-être une activité un peu plus intéressante parce que le saut en longueur c’est pas non plus l’occupation du siècle), pendant que Jean-Harceleur méditera tranquillement sur cette leçon de sagesse dont vous viendrez de lui faire part.

La troisième technique est celle du « tout-en-un Â», qui consiste tout bonnement à neutraliser les parties intimes de votre harceleur avec un bon coup de sabot, et quand je dis « parties intimes Â», je veux dire « ces grosses COUILLES, là Â», puis lui marquer les yeux au fer rouge (toujours avoir un ou deux fers rouges de bonne facture sous le coude, pour ça), lui dérouler un peu son intestin grêle pour checker qu’il fait bien entre 4 et 7 mètres, ensuite lui bloquer le poignet droit entre sa poitrine et son bras gauche de façon à amorcer une traction horiz… (ouais nan c’est chiant, c’est chiant ça, oubliez…), s’occuper aussi un peu de son plexus solaire parce que c’est pas tous les jours tous les jours qu’on pense à lui, puis lui RE-marquer les yeux au fer rouge pour être sûr parce qu’il avait encore les yeux un peu ouvert ce péteux, après lui avoir disloqué toutes les articulations possibles et imaginables bien évidemment. L’avantage de cette technique est qu’après ça, votre harceleur aura relativement peu de chance de revenir vos embêter puisqu’il sera pas dans le meilleur des états pour, après voilà en faisant ça vous pouvez très éventuellement passer par la case prison, m’enfin bon, le reste, c’est du détail.

Vous en avez marre que Pierre-Antoine Sabrebis ait à la fois une manie insupportable de vous pousser dans les escaliers et à la fois un nom complètement ridicule ? Pas de panique ! La quatrième technique est tellement simple et efficace qu’elle en presque trop facile. Il s’agit de la technique du « Pierre-Antoine, Pierre-Antoine, Pierre-Antoine. Est-ce vraiment là la personne que tu as profondément envie d’être ? J’en doute. Ce n’est pas le cas. Ce ne l’est pas. Pas, pas, pas. « Pas », comme tes initiales. Marque donc une pause, et quand je dis « J’EN doute » et « MARQUE donc une pause », ce ne sont pas les noms de nos camarades, Pierre-Antoine, concentre-toi un petit peu. Marque donc une pause, disais-je, pour prendre du recul. Non, pas littéralement, mais sur tes agissements : quelle image de toi souhaites-tu donner à des proches, à ta famille, à tes enfants, au monde ? Quelle image de toi veux-tu laisser sur Terre après ta mort ? Ã”, vil célérat ! Le mal est le fumier du bien. Tes mains disent « Je te pousse », mais au fond de ton cÅ“ur ça dit « Je ME pousse ». « Je me pousse pour faire de la place aux gens que j’aime », car oui, au fond, tu n’es pas celui que tu t’efforces à faire semblant d’être ! Laisse-donc le pacifiste que tu n’as jamais cessé d’être s’échapper de ce corps au demeurant désirable, Pierre-Antoine ! Et ainsi, plus jamais aucun ensemble de marches échelonnées de façon à assurer la circulation de personnes entre deux niveaux n’assistera à ces désastreuses scénades des temps académiques ! Oh, Pierre-Antoine, ne devient pas meilleur que les autres, devient meilleur que ton toi d’hier. Â». Voilà, donc cette technique consiste, une fois que votre harceleur vous a poussé pour l’énième fois dans les escaliers, à lui répondre « Pierre-Antoine, Pierre-Antoine, Pierre-Antoine. Est-ce vraiment là la personne que tu as profondément envie d’être ? J’en doute. Ce n’est pas le cas. Ce ne l’est pas. Pas, pas, pas. « Pas », comme tes initiales. Marque donc une pause, et quand je dis « J’EN doute » et « MARQUE donc une pause », ce ne sont pas les noms de nos camarades, Pierre-Antoine, concentre-toi un petit peu. Marque donc une pause, disais-je, pour prendre du recul. Non, pas littéralement, mais sur tes agissements : quelle image de toi souhaites-tu donner à des proches, à ta famille, à tes enfants, au monde ? Quelle image de toi veux-tu laisser sur Terre après ta mort ? Ã”, vil célérat ! Le mal est le fumier du bien. Tes mains disent « Je te pousse », mais au fond de ton cÅ“ur ça dit « Je ME pousse ». « Je me pousse pour faire de la place aux gens que j’aime », car oui, au fond, tu n’es pas celui que tu t’efforces à faire semblant d’être ! Laisse-donc le pacifiste que tu n’as jamais cessé d’être s’échapper de ce corps au demeurant désirable, Pierre-Antoine ! Et ainsi, plus jamais aucun ensemble de marches échelonnées de façon à assurer la circulation de personnes entre deux niveaux n’assistera à ces désastreuses scénades des temps académiques ! Oh, Pierre-Antoine, ne devient pas meilleur que les autres, devient meilleur que ton toi d’hier. Â», comme son nom l’indique, à quelques mots près.

Et enfin, pour terminer cet aparté néanmoins essentiel, une ultime solution… euh… qui euh… attendez, euh… je la cherche… Je vais… je vais m’en rappeler…

Mon assistant : Bah alors ? Je croyais que tu les connaissais toutes par cÅ“ur, tes techniques !

Oui bah… je les connais toutes par cÅ“ur sauf une, voilà !

Mon assistant : Sur ma fiche, c’est marqué « Faire appel à un détective privé Â».

Faire appel à un détective privé ? Qu’est-ce que c’est que ce conseil complètement pété ? On est pas dans New York, unité spéciale là, on mène pas une enquête !

Mon assistant : Nan mais je déconne, je sais pas ce qui était marqué, je l’ai bouffée, la fiche, exactement comme tu me l’as demandé !

Cool cool cool cool cool. BREF, la réalité tragique mise en évidence par la chanson de Maëlle dépasse le harcèlement scolaire, on parle de harcèlement tout court, car les conséquences sont les mêmes.

On peut peut-être changer les choses, et utiliser des mots, euh… choisir ses mots, parce que c’est toujours les mots, la puissance des mots, qui peut jouer sur la personne.
Maëlle

Et oui, comme le dit Maëlle en interview sur NRJ le 10 septembre 2019, la puissance des mots a un impact décisif, d’ailleurs dans une chanson les mots peuvent être également très puissants. Les adolescents et adolescentes sont prompts à utiliser des mots violents régulièrement, il faut leur rappeler le caractère dangereux de ces propos. On a évoqué l’aspect des rapports de domination dans l’effet de masse, mais pas celui des conséquences néfastes. Alors qu’elles sont-elles ? *ton journalistique* Blessures enfuies, conséquences désastreuses… non non va pas commencer avec ce ton ridicule, mais effectivement un autre objectif de la chanson c’est de montrer les effets dévastateurs, les traumatismes et les séquelles qui peuvent s’inscrire durablement dans l’esprit des victimes, qui deviennent psychologiquement désarmées et brisées. Le harcèlement peut avoir des conséquences post-traumatiques. Souvent, les victimes ne vont rien dire à la famille, et vont intégrer ces violences, ces agressions, et parfois fin par se dire qu’elles l’ont mérité. Des phrases, des pensées, des mauvais souvenirs vont refaire surface au cour de leur vie. Dans le milieu scolaire, les conséquences vont également être la perte de la confiance en soi et la baisse des résultats scolaires, évidemment. Ce sont donc des conséquences qui nécessitent des soins, du soutien, et une justice aussi. Car si en théorie ces violences sont punies par la loi, dans les faits il y a très souvent une impunité totale, le plus souvent c’est aux victimes qu’on va demander d’agir en changeant d’école par exemple, comme une double peine, et ceux qui ont commis les violences s’en sortent avec très peu de sanctions, voire aucune. Le harcèlement est une atteinte à la dignité, et il faut en mesurer la gravité.

Je vais prendre cette fois-ci un véritable exemple de harcèlement tiré de mon histoire personnelle, et l’idée n’est pas d’évaluer si cette histoire est pire ou moins pire qu’une autre, mais de faire une transition personnalisée avec le dernier point que nous allons aborder : le rôle des témoins, et surtout des adultes. Toujours au collège, il y a eu une période où un élève, un garçon, me faisait des bisous sur la joue, mais pas pour me faire la bise, je le connaissais pas moi le gars : il le faisait consciemment et sans mon consentement dès qu’il en avait l’occasion pour m’humilier devant ses camarades. Donc euh… ne me sentant pas de taille à l’envoyer chier et n’ayant aucune confiance en moi, j’étais allé voir la CPE pour m’en plaindre, elle l’avait engueulé, et il avait arrêté. Et je me souviens, je l’avais recroisé dans la cour, à la pause, et il avait dit à ses potes (qui commençaient à se foutre de moi) d’arrêter.

Oui, car la question du harcèlement scolaire semble être visible depuis une dizaine d’années avec en réaction des mobilisations, des campagnes ; d’ailleurs la chanson L’effet de masse est sortie le 6 septembre 2019 sur les plateformes d’écoute en streaming, donc en pleine campagne de sensibilisation menée par le gouvernement de lutte contre le harcèlement scolaire, la journée nationale étant le 7 novembre, mais au-delà de tout ça il y a un groupe qui doit être partie prenante de cette lutte, qui est également un groupe très important car c’est aussi celui sur lequel essaye justement d’agir le gouvernement et l’Éducation nationale via ces campagnes de sensibilisation, c’est le groupe témoin, et notamment les adultes : les parents, les enseignants et les enseignantes. Ces témoins ne doivent pas rester passifs.

Et attention, pour le coup je ne suis ni parent ni enseignant, et c’est SURTOUT pas moi qui vais remettre leur parole en question (ou votre parole en question, si vous êtes un parent ou un enseignant ou les deux)…

Les deux !

Alain Chabat

Oui, merci Alain Chabat… quand ils témoignent que ce n’est pas du tout évident, en tant que parent et en tant qu’enseignant, de gérer ces situations. On peut, en tant que parent, en tant qu’enseignant ou enseignante, se retrouver complètement démuni·e face à ces situations. Mais voilà, l’écoute des enfants est très importante, primordiale, même : il ne faut surtout pas remettre en question leurs émotions et leurs ressentis, qui sont incontestables. Et c’est donc aussi et surtout aux adultes d’intervenir en faisant ce travail d’écoute, et en posant des questions, il faut pas forcément attendre de voir des signes visibles, physiques, parce que ça peut être trop tard. Mais malheureusement, ce qu’on voit souvent, c’est une minimisation des faits : on va considérer qu’entre enfants ou adolescents et adolescentes, c’est « normal Â», voire que ça leur apprend la life, et ça donne l’impression que c’est pas si grave, alors que ça l’est. Et les conséquences de cette indifférence, c’est que les enfants ne vont pas en parler aux adultes parce qu’ils savent qu’ils vont de toute façon sous-évaluer la gravité de la situation. Et je ne fais pas de généralité, je dis juste que c’est ce qui arrive encore régulièrement aujourd’hui, donc encore une fois, c’est loin d’être évident et bien sûr qu’il y a beaucoup d’adultes qui font de leur mieux, mais c’est nécessaire pour agir, et ils doivent également agir sur le harceleur juste en lui faisant prendre conscience que ce qu’il fait est mal et interdit ; même si ça ne résout pas tout, parfois il suffit qu’un adulte intervienne juste pour faire prendre conscience à la gravité de ce qu’il fait.

Il était dans ma classe, il vivait dans ta rue
C’était celui d’en face, on l’a plus jamais vu

Maëlle, L’effet de masse

On y vient : la conséquence la plus grave, la plus désastreuse, la plus… fatale, la plus… irréparable, la pluuuus… attendez je check synonymo.fr pour voir s’il y a pas un autre petit adjectif qu’on peut caler là en scrèd… euuuh la plus tragique voilà, parfait : le suicide. Je compte sur vous pour bien extraire juste le moment où je dis « voilà parfait : le suicide Â», et le partager sur les réseaux sociaux de façon complètement décontextualisée bien entendu. Certains et certaines y résistent et d’autres y succombent, d’où l’importance de cette chanson qui est donc une ballade douce, triste, émouvante, tragique, qui narre l’histoire d’un adolescent poussé peu à peu au suicide par ses camarades. À la fin du clip, cet adolescent donne une représentation de danse avec Maëlle, et tout à la fin, sur le dernier plan, elle visite à nouveau les lieux, et on revoit la même salle de classe, mais le bureau où se trouvait le garçon est vide cette fois-ci, il n’est plus là, symbolisant la disparition aussi brutale qu’intolérable.

Et vous savez ce qu’il y a d’autre d’intolérable ? Les côtes de blettes. Je suis désolé mais il n’y a pas que Maëlle qui a le droit de faire passer des messages forts pour éveiller les consciences collectives et faire bouger les choses, alors je vous invite à tous et toutes signer la pétition « Je ne veux pas manger de côte de bêtes, mais je ne veux plus manger de côtes de blettes Â» sur change.org, comme ça Sarah de change.org vous spammera de mails sur tout un tas de pétitions randoms via sa newsletter à laquelle vous n’avez jamais demandé à souscrire !

Je parle beaucoup de Maëlle car elle interprète la chanson, mais cette chanson a été écrite par Paul École,et on ne dira rien sur le fait qu’un mec qui s’appelle École écrive une chanson sur le harcèlement en milieu scolaire, car c’est l’heure de notre grand quiz jeu concours machin bidule de la m… Ooooh mais qui vois-je pointer le bout de son museau ? Ce ne serait pas… le running gag ? Bonjouuuur, petit running gag !

Le running gag (sa voix est encore plus aigue que celle de mon assistant, et sa langue est incompréhensible, comme si un écureuil parlait dans un dessin animé, du coup la transcription est subjective vous m’en excuserez ; oui cette description c’est n’imp’ mais en même temps c’est pas ce qu’il y a de plus fastoche à décrire comme voix, donc bon) : Biyoniyonahèh.

Tiens, c’est marrant, vous avez presque la même voix que mon assistant ! Vous avez fait un stage chez les doubleurs de Tic & Tac, tous les deux, ou comment ça se déroule, là ?

Le running gag : Bahtidikoni ?

Ah ouaaaais… Non mais autant l’autre, euh… je pense que les auditeurs et les auditrices pigaient rien, autant vous… C’est au-delà ça, je crois, hein ! On est sur du non-bitage. L’opposé du bitage. Enfin bon, dites-moi tout.

Le running gag : Sibobibobipipmazèkassèt. Nimopimamisik ?

Ouais enfin ça c’est ce qu’on dit hein.

Le running gag : Ahahnionahahbilipomaèh. Ahminimohihohahèysisisèh.

Aaaaaaaaaah, je nuancerais un peu le propos moi, pardon ! À quel moment j’aurais dit ça ?

Le running gag : Minokafè, mimimiminipi, ahahtinochasèt, winosafèdifèt, ahah minosafèdifèolaoht.

Bah vous-même !

Le running gag : Ipojafèminik ! Chidoawé ! Balawèipalacè !

Pfffff ahahah ! Oh nan, mais je rêve ! Nan mais vous vous rendez compte de c’que vous dites ? Nan mais est-ce que vous vous rendez compte de c’que vous dites ?

Le running gag : Basisisasèh !

Répétez ?

Le running gag : Basisisasèh !

Ok, c’est c’que j’avais entendu. Bah écoutez, visiblement on parle pas la même langue, hein, bon.

Le running gag : Coman ! Pouloupasèkoulèkouli ! Koulabalakoulobolobalachamssakoulafraguèyo, koulapralabalamakada, olokitiloprolèkedeuy !

Oui baaaah euh… Coman ! Pouloupasèkoulèkouli ! Koulabalakoulobolobalachamssakoulafraguèyo, koulapralabalamakada, olokitiloprolèkedeuy si vous voulez m’enfin… à un moment euuuh je vous suis vraiment pas là, là-dessus. Allez, je vous fais, cher running gag, parce que là la piste commence à VRAIMENT être longue, donc c’est l’heure de notre grand jeu quiz concours de la mort de machin : de qui Paul École est-il le parolier ?

  1. De Calogero
  2. De Maëlle

Les DEUX !

Alain Chabat

À nouveau, merci, Alain Chabat, vous venez de complètement casser mon jeu concours mais du coup la réponse était surtout : Calogero. Paul École c’est le principal parolier de Calogero, par exemple dans son dernier album, Liberté Chérie, il y a quatre chansons écrites par sa compagne Marie Bastide, et il y en a huit écrites par Paul École, d’ailleurs ça m’inspire cette petite devinette ! Attention, vous êtes prêts ? Quand Calogero a envie de rire, que-fait il ? Eh ben Calo rit  !

Générique (outro)

Heum… Voilà, je propose qu’on termine cette piste là-dessus parce que quand ça devient vraiment nul à chier comme ça je pense que c’est le signe qu’il est temps que ça se termine. J’espère que cette piste vous aura intéressé·e, et si ça vous a plu, bah n’hésitez pas à mettre des commentaires et des notes sur iTunes parce que c’est ce qui fait connaître le podcast, et puis aussi si ça vous a plu n’hésitez pas à partager le site www.varietoche.com, où vous retrouvez tous les épisodes. Voilà, le partager autour de vous… Merci, encore une fois, et à très bientôt !

Bon. Il faut que j’appelle Monsieur Courcelle, j’ai peut-être trouvé une idée de chanson pour la prochaine piste, moi…

Lait de vache, lait de vache, lait de vache, vache, vache

Trois petits chats, comptine pour enfants

🎶 Vache de ferme, vache de ferme, vache de ferme, ferme, ferme 🎶

Mon assistant : 🎶 Ferme ta gueule, ferme ta gueule, ferme ta gueule, gueule, gueule 🎶

Le running gag : 🎶 Tananatata, tananatata, tananatata , ta, ta 🎶

RÉFÉRENCES

Albums :
· Maëlle de Maëlle
· Liberté Chérie de Calogero

Chansons :
· L’effet de masse de Maëlle

Clips :
· Le clip officiel de L’effet de masse

Extraits audios :
· L’audio de L’effet de masse utilisé est celui de la session live de la chanson sur sa chaîne YouTube officielle
· Les extraits d’interviews de Maëlle utilisés sont tirés des interviews suivantes  :
  - « Maëlle nous explique l’histoire cachée de son titre « L’effet de masse » Â» sur Chérie FM
  - « Maëlle sort son premier album : « J’avais envie de parler du harcèlement scolaire » Â» sur NRJ
  - « Interview | Maëlle : « J’ai un album dont je suis très fière ! » Â» sur Live Actu
  - « Maëlle en interview : son premier album, Calogero, « The Voice »… Â» sur  Pure Charts
  - « Qui est la chanteuse Maëlle ? (Interview) Â» sur CSTAR
  - « Ã€ la Bonne Heure ! du 13 février 2020 Â» sur RTL
· L’extrait de la chanson Trois Petits Chats utilisée dans l’outro

Articles :
· Le rapport de l’UNICEF sur les résultats de sa 4ème Consultation nationale des 6-18 ans à l’occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement

Articles sans intérêts mais on va les mettre quand même :
· Les conditions d’adhésion à la zone euros : critères de convergence

CRÉDITS

Réalisation et animation : Sébastien Petit / Voix : Mon bro sûr (Monsieur Courcelle) / Sébastien Petit (Mon assistant et le running gag) / Générique : Pierre Vanier / Illustrations : Kateryna Senkova & Sébastien Petit

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